

Timothy MORTON est un philosophe américain d'origine britannique, figure majeure du mouvement de l'Ontologie Orientée Objet (OOO), courant philosophique qui remet en question l'idée que l'existence humaine devrait prévaloir sur celle des objets non-humains. L'OOO soutient que les objets, qu'ils soient humains ou non-humains, ont une existence et une valeur intrinsèques, indépendamment de notre perception ou de leur utilité pour nous. Pour Morton, cette approche est cruciale pour développer une vision véritablement écologique et non-violente envers le monde.
Le terme "Hyperobjets", inventé par Morton, désigne des objets si massivement distribués dans le temps et l'espace qu'ils échappent à notre compréhension et à notre localisation habituelles. Le changement climatique en est l'exemple le plus emblématique. Les hyperobjets sont "visqueux", "non-locaux" et "fondus", rendant difficile leur appréhension. Ce concept est fondamental pour repenser notre approche des problèmes écologiques mondiaux.
Il est aussi un penseur influent dans les domaines de l'écologie, de la philosophie de l'environnement et du post-humanisme. Son concept "d'écologie sans nature" est que l'idée même de "nature" est une construction humaine qui nous sépare du monde et nous empêche de comprendre pleinement notre interconnexion avec tout ce qui nous entoure. Pour lui, pour développer une vision écologique profonde, il faut abandonner cette idée de nature distincte de la civilisation. Il développe aussi l'idée d'une "écologie sombre" qui reconnaît la nature intrinsèquement troublante et dérangeante de la crise écologique. Il s'agit d'affronter l'angoisse et l'incertitude liées à notre époque anthropocène, plutôt que de chercher des solutions faciles ou un retour romantique à une "nature" idéalisée.
Il met l'accent sur les relations de symbiose et d'interconnexion entre toutes les entités, qu'elles soient vivantes ou non plutôt qu'une hiérarchie entre les êtres ou une domination humaine sur le monde. L'écosystème est lui-même vu comme un objet complexe de relations.
Il est actuellement professeur et titulaire de la chaire Rita Shea Guffey en anglais à l'Université Rice à Houston, au Texas. Son œuvre est vaste et a eu un impact considérable sur la manière dont nous pensons à l'écologie, à l'ontologie et à notre place dans le monde en pleine crise environnementale.