

Siger de BRABANT était un philosophe français, figure centrale de l'aristotélisme radical ou averroïsme latin. Leader d'un groupe enseignant un aristotélisme pur, sans compromis avec la foi chrétienne, il défendit des thèses controversées comme l'éternité du monde et l'unicité de l'intellect pour toute l'humanité. Condamné en 1270 et 1277 par l'évêque Étienne Tempier pour hérésie, il incarna la tension entre raison philosophique et théologie au XIIIe siècle.
Il posa la primauté de la raison philosophique sur la révélation, affirmant l'unité de l'intellect agent pour l'humanité, rendant l'individu mortel mais l'espèce éternelle. Il défendit l'autonomie de la philosophie, l'éternité du monde et le déterminisme, rejetant la création ex nihilo et la Providence totale. Critiquant l'infaillibilité papale en affaires temporelles, il privilégiait les bonnes lois aux bons rulers.
Ses écrits incluent "De anima intellectiva" paru en 1270 sur l'âme intellective unique et éternelle, "Quaestiones in metaphysicam", "Impossibilia" (exercices de sophisme) et des questions sur la logique, la physique et l'éternité du monde. Ces textes, publiés par Pierre Mandonnet en 1899, explorent la métaphysique aristotélicienne influencée par Averroès, Avicenne et Proclus.