

Shihab SOHRAWARDI était un philosophe perse issus du courant oriental de la sagesse illuminative "Ishraq", une tentative audacieuse de fusionner la tradition philosophique grecque ( platonisme et l'aristotélisme revisité), la sagesse de l'ancienne Perse (zoroastrisme) et la mystique islamique (soufisme). Au cœur de sa pensée se trouve la métaphysique de la Lumière.
- La Lumière des Lumières : La réalité ultime et la source de toute existence est la Lumière des Lumières, qui est Dieu. Tout ce qui existe émane de cette Lumière primordiale par un processus d'illumination et de rayonnement.
- Hiérarchie des Lumières: L'univers est constitué d'une hiérarchie de lumières, allant de la Lumière des Lumières aux lumières intellectuelles, puis aux lumières astrales et enfin aux lumières qui gouvernent le monde sublunaire. Les ténèbres ne sont pas une réalité en soi, mais une absence ou une privation de lumière.
- Critique de la philosophie péripatéticienne : Bien que formé à celle ci, il en critique certains aspects, notamment la théorie de la connaissance par abstraction. Il privilégie une connaissance directe et intuitive.
- La connaissance par Présence et Illumination: La véritable connaissance n'est pas simplement discursive ou rationnelle, mais une "connaissance par présence", une intuition directe et une illumination intérieure . L'âme humaine, en se purifiant, peut s'ouvrir à cette illumination et contempler les réalités spirituelles.
- Le Monde Imaginal : Son concept clé est celui du "monde imaginal". C'est un monde intermédiaire entre le monde sensible et le monde purement intelligible. C'est le lieu des visions prophétiques, des songes véridiques, des événements eschatologiques et des corps subtils. Ce monde a sa propre réalité objective et n'est pas une simple fantaisie subjective.
- Sagesse Orientale : il se voyait comme le rénovateur d'une sagesse antique et universelle qu'il appelait la "Sagesse Orientale". Il y intégrait les enseignements des sages de l'ancienne Perse aux côtés des philosophes grecs comme Platon et des figures spirituelles de l'islam.
Sa vie fut courte et intense, se terminant tragiquement par son exécution à Alep en 1191, sur ordre de Saladin, en raison de ses enseignements jugés hétérodoxes par certains oulémas. Cette fin lui valut le surnom de "Shaykh Maqtul" (le Maître Assassiné).