

Saul KRIPKE est un philosophe américain de la tradition analytique connu pour ses apports décisifs en logique modale, en métaphysique et en philosophie du langage. Très jeune, il révolutionne la logique en introduisant la sémantique des mondes possibles, aujourd’hui appelée "cadres de Kripke" , qui permet de formaliser la modalité (le nécessaire et le possible) de façon rigoureuse.
Son œuvre la plus influente est "Naming and Necessity", où il critique la conception descriptiviste des noms défendue par Frege et Russell. Selon lui, un nom propre nom propre n’équivaut pas à une description mais fonctionne comme un « désignateur rigide » : il désigne le même individu dans tous les mondes possibles. Cette idée bouleverse la philosophie du langage et entraîne une redéfinition de la notion de référence.
Il montre également qu’il existe des vérités nécessaires découvertes empiriquement : par exemple, l’identité « l’eau est H₂O » est nécessaire, mais nous ne l’avons apprise qu’a posteriori. Ce concept de nécessité a posteriori a marqué un tournant dans la métaphysique contemporaine. À l’inverse, il identifie la possibilité de certaines vérités contingentes connues a priori, ce qui remet en cause des distinctions classiques entre connaissance et modalité.
Il s’oppose au physicalisme en arguant que l’on peut concevoir un monde où tous les états cérébraux existent sans que la conscience subjective "le qualia" ne soit présente. Cette critique alimente encore aujourd’hui les débats sur la nature de la conscience. Son ouvrage "Wittgenstein on Rules and Private Language" propose une lecture radicale de Wittgenstein, selon laquelle toute règle est sujette à un scepticisme profond sur son application. Bien que controversée, cette interprétation a largement stimulé les discussions en philosophie du langage et en épistémologie.
Connu aussi pour son ouvrage " On two Paradoxes of Knowledge" et son "paradoxe de l'examen".