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Reiner SCHÜRMANN

Philosophes allemands modernes
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Reiner SCHÜRMANN
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" Reiner Schürmann, le plus grand philosophe dont vous n'avez jamais entendu parler" par Power of Thought

Reiner SCHÜRMANN

1941 - 1993

Reiner SCHÜRMANN est un philosophe allemand d’expression française, né à Amsterdam et mort à New York, où il a enseigné à la New School for Social Research à partir de 1975. Très marqué par la phénoménologie et la pensée de Heidegger, il se distingue par une réflexion exigeante sur la métaphysique, l’histoire de la philosophie et l’agir humain, développée dans trois grands ouvrages : Maître Eckhart et la joie errante (1972), Le principe d’anarchie (1982) et Des hégémonies brisées (posthume, 1996).

Dans Maître Eckhart et la joie errante, Schürmann reprend la pensée du mystique allemand du XIVᵉ siècle pour explorer la possibilité d’une vie spirituelle détachée de toute identité fixe ou de tout fondement stable. Il met en avant ce qu’il appelle une « joie errante » : une forme de liberté intérieure où le sujet ne se réclame plus d’une essence, d’un Dieu garanti ou d’une identité nationale, mais accepte de vivre dans une errance originaire et sans fondement.

Dans Le principe d’anarchie (souvent considéré comme son chef‑d’œuvre), Schürmann interprète Heidegger comme une pensée qui conduit à la ruine de tout principe premier (« archè ») sur lequel la tradition occidentale aurait voulu fonder la connaissance, la morale et la politique. Il en tire une théorie de l’« anarchie » non pas comme désordre, mais comme conscience lucide de l’absence de fondement ultime : l’agir humain doit alors se penser comme une praxis ouverte, responsable et créative, sans recours à une règle suprême.

Dans Des hégémonies brisées, Schürmann entreprend une vaste reconstruction de l’histoire de la philosophie occidentale comme succession d’« hégémonies » (modèles de vérité, de métaphysique, de politique) qui s’imposent, puis se défont. Il montre comment la modernité et la déconstruction heideggérienne ont dissous les grands systèmes de pensée, ouvrant à ce qu’il nomme une « philosophie tragique » où l’être se donne comme événement contingent, marqué par une distance, une fracture intérieure, plutôt que par une harmonie ou une cohérence totale.