

Quentin MEILLASSOUX est un philosophe français du courant qu'on appelle le "réalisme spéculatif". Le point de départ majeur de sa philosophie est "Le corrélationnisme" qui, selon lui, est la thèse dominante depuis Kant, et qui affirme qu'il est impossible de connaître le monde tel qu'il est en soi, indépendamment de notre rapport à lui (la corrélation entre la pensée et l'être). Cette position rend impossible de penser un "absolu" et nous enferme dans un cercle où nous ne pouvons accéder qu'à ce qui est "pour nous". Il s'interroge sur la capacité de la science à parler de réalités "ancestrales", ce qui semble contredire le corrélationnisme.
Face au corrélationnisme, il propose de postuler que la seule chose nécessaire est la contingence absolue. Cela signifie que toutes les lois de la nature, toutes les entités existantes, sont radicalement contingentes et pourraient être différentes, ou même ne pas exister du tout. Il n'y a aucune raison ou fondement nécessaire à l'existence du monde tel qu'il est. Cette absence de raison ultime n'est pas un aveu d'ignorance, mais une vérité ontologique. C'est ce qu'il appelle le "principe de factualité". En affirmant cette contingence radicale, il s'inscrit dans une tradition matérialiste, mais une tradition qui se veut "spéculative" parce qu'elle cherche à penser l'absolu (l'absolu de la contingence) au-delà des limites imposées par le corrélationnisme. Il s'agit de s'affranchir de la dépendance de l'être vis-à-vis de la pensée. Sa pensée est notamment développée dans son ouvrage le plus célèbre, "Après la finitude. Essai sur la nécessité de la contingence" .
Dans sa thèse de doctorat "L'inexistence divine", il explore la possibilité d'un "dieu à venir". Pour lui, si Dieu n'existe pas actuellement, sa non-existence n'est pas une nécessité, mais une contingence. Ainsi, il n'est pas impossible qu'un jour un "Dieu" puisse émerger d'une manière ou d'une autre, à la suite d'un changement radical des lois physiques.
Dans son second livre "Le Nombre et la Sirène", il propose une lecture inédite du célèbre poème de Stéphane Mallarmé, "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard". Il y développe une analyse détaillée, y découvrant un code numérique qui, selon lui, serait intégré au texte par Mallarmé lui-même, en lien avec ses réflexions sur le hasard et la contingence.
En critiquant radicalement le corrélationnisme, il cherche à ouvrir la voie à une nouvelle forme de réalisme et de matérialisme, où la contingence est pensée non pas comme une limite de notre connaissance, mais comme une propriété fondamentale de l'être lui-même.