

Pierre MAGNARD est un philosophe français spécialiste de la philosophie de la Renaissance, de Pascal et de la tradition métaphysique, professeur émérite de l’université Paris‑Sorbonne et lauréat du grand prix de philosophie de l’Académie française (2001). Il a enseigné plus de cinquante ans et a encadré environ cent quatre‑vingts thèses, ce qui en fait une figure importante de la formation philosophique universitaire en France.
Historien de la philosophie du Moyen Âge et de la Renaissance, il travaille sur le passage de l’Antiquité gréco‑latine aux Temps modernes et sur l’actualité d’un humanisme nourri de cette tradition. Il met en lumière la fécondité de la résurgence du néoplatonisme à la Renaissance et la continuité de la grande tradition métaphysique d’Aristote à Leibniz.
Il a particulièrement contribué à faire redécouvrir le philosophe de la Renaissance Charles de Bovelles, "maillon oublié" entre Nicolas de Cues et Giordano Bruno, offrant une nouvelle lecture du tournant des Temps modernes. Sa thèse sur Pascal examine les rapports entre nature, histoire et apologétique chrétienne, et reste un texte de référence pour la compréhension de Pascal.
Il se situe dans un horizon chrétien, mais en dialogue exigeant avec la tradition philosophique : sa réflexion articule métaphysique, théologie et question du sens dans le monde contemporain. Il se distingue d’un thomisme strict en parlant d’un "Dieu sans l’être" : l’être n’est pas un prédicat de Dieu mais l’horizon d’ouverture dans lequel une rencontre avec le divin peut se produire.
Pour lui, il n’y a pas vraiment d’"histoire de la philosophie" abstraite, mais une histoire de la pensée comme aventure personnelle, génétique et subjective : un sujet qui se risque à penser.