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Paul AUDI

Philosophes français contemporains
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Paul AUDI
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en orient, l’antijudaisme paul AUDI par Akadem

Paul AUDI

1963

Paul AUDI  est un philosophe et écrivain français né à Beyrouth, au Liban, et ancien élève de l'École normale supérieure. Agrégé de philosophie et docteur en philosophie, il a soutenu une thèse sur Jean-Jacques Rousseau publiée en 1997. Après avoir enseigné à l'université de Paris-XII, il s'est éloigné du champ universitaire pour s'orienter vers l'édition, et aujourd'hui il est professeur invité dans diverses institutions en France et à l'étranger. Il est auteur de plus d'une trentaine d'ouvrages et membre de l'équipe de recherches PHILéPOL à l'université Paris Descartes.

Sa philosophie se centre principalement sur les relations entre l'éthique et l'esthétique en Occident durant les Temps Modernes. Son œuvre explore ces liens à travers des lectures de Rousseau, Nietzsche, Lacan, Schopenhauer et Georges Bataille. Il est considéré comme un philosophe atypique, commençant à être reconnu hors de France. Sa pensée conjugue la vie du corps et la création artistique, l'éthique et la passion, avec un souci d'ancrer la pensée dans la vie physique.

L'idée centrale de sa philosophie est que l'acte de création et le comportement éthique ne forment qu'un seul et même geste, qui naît de la vie elle-même et finalement l'excède. Il nomme cette fusion « esth/éthique », considérant que l'éthique et l'esthétique dans l'acte de créer se confondent ou sont le recto et verso d'une même « explication avec la vie ». Pour lui, créer revient à « s'expliquer avec la vie », à faire de l'énigme que nous sommes une bribe d'un discours neuf.

L'éthique, selon lui, consiste d'abord en un travail sur soi, où « c'est moi-même qui suis la tâche ». La philosophie ne s'accomplit qu'au sein d'un corps à corps avec ce qui, en nous-mêmes, nous dépasse — non pas le monde ou un dehors, mais ce qui nous situe sur le « plan de la vie », qui ne recouvre ni le champ social ni l'espace politique. Cette éthique de la création, qu'il dénomme « esthéthique », n'est pas un code de règles mais une posture existentielle, une manière de se situer face au monde.

Il  s'intéresse également aux conditions permettant à l'être humain d'accéder à sa propre humanité, et interroge profondément la question de l'identité. Dans son ouvrage Troublante identité (2022), il parle pour la première fois de lui-même et de ce qui le hante, résistant à toute réduction de son être à sa provenance libanaise. Il désire en finir avec les clôtures identitaires et trouve son émancipation dans une conception juive d'une identité ouverte, toujours à construire, guidée par un impératif de justice à venir. Son dernier essai Le Vrai du beau (2026) transforme la contemplation d'un tableau en expérience de vérité, éclaircissant ce qui se joue en nous face à un tableau.