

Murray ROTHBARD était un économiste, historien des idées et philosophe politique américain, surtout connu comme une figure majeure du libertarianisme et de l’anarcho-capitalisme. Il s’inscrit dans la branche de l’économie politique et, en philosophie, dans la philosophie politique centrée sur la liberté individuelle, la propriété privée et la critique radicale de l’État. Il est aussi associé à l’école autrichienne d’économie, qu’il prolonge dans une version très anti-étatiste.
Ses fondements théoriques viennent de l’école autrichienne d’économie (Menger, Mises) — méthode praxéologique en économie, préférence pour le marché libre et critique de l’interventionnisme étatique — et d’une éthique du droit naturel (inspirée partiellement par Locke) qui justifie la propriété privée comme prolongement des droits individuels.
Dans The Ethics of Liberty, il soutient que chaque individu possède des droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la propriété; toute coercition — taxation, conscription, réglementation — est moralement équivalente à une agression et donc illégitime.
En théorie politique : il défend l’anarcho‑capitalisme, c’est‑à‑dire un ordre social où la sécurité, la justice et les services normalement fournis par l’État sont assurés par des institutions privées concurrentes (assurances, tribunaux privés, protection privée), résultant d’échanges volontaires.
Il critique fortement l’État moderne, le socialisme et le welfare state, ainsi que certains courants universitaires (par ex. l’herméneutique en philosophie/économie), et il prône une histoire et une politique réinterprétées sous l’angle du libre marché; sa position est doctrinaire et suscite à la fois adhésion chez les libertariens et fortes critiques (sur les questions de monopoles privés, d’inégalités et de régulation).