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Moritz SCHLICK

Philosophes allemands modernes
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Moritz SCHLICK
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Moritz SCHLICK par VIS PHILO

Moritz SCHLICK

1882 – 1936

Moritz SCHLICK était un philosophe allemand, physicien de formation, et l’une des figures centrales de l’empirisme logique. Il est surtout connu comme le fondateur et le dirigeant intellectuel du Cercle de Vienne, groupe qui se réunissait autour de la philosophie des sciences dans les années 1920 et 1930. Il occupa à Vienne une chaire autrefois associée à Ernst Mach et à Ludwig Boltzmann.

Sa première grande œuvre est la Théorie générale de la connaissance (Allgemeine Erkenntnislehre, 1918). Dans cet ouvrage, il défend encore une forme de réalisme scientifique : le monde extérieur existe indépendamment de nous et peut être connu grâce aux sciences. Il s’oppose ainsi à l’idéalisme et à l’idée kantienne selon laquelle nous ne connaîtrions jamais les choses en elles-mêmes. Pour lui, connaître consiste notamment à coordonner des signes et des concepts avec les objets et les processus étudiés par les sciences.

À partir des années 1920, son orientation évolue sous l’influence de Wittgenstein et du développement de la logique moderne. Il affirme alors que la philosophie ne doit pas construire une nouvelle vision métaphysique du monde, mais clarifier le sens des propositions. Une proposition authentiquement scientifique doit pouvoir être reliée à une méthode possible de vérification empirique ; les énoncés de logique et de mathématiques sont, quant à eux, analytiques ou tautologiques. Cette orientation est souvent résumée par la formule : « le sens d’une proposition est sa méthode de vérification ».

Il faut cependant éviter de le réduire à un vérificationnisme simpliste. Il admet qu’une proposition puisse être vérifiable en principe, même si la vérification ne peut pas être réalisée immédiatement ou matériellement. La vérification ne signifie donc pas forcément une observation actuelle, mais la possibilité de décrire une procédure permettant de déterminer si l’énoncé est vrai ou faux. Sur le plan éthique, Il ne pense pas que les jugements de valeur soient des connaissances scientifiques ; il leur accorde néanmoins une importance dans la vie humaine et dans l’analyse des motivations.

On peut le classer comme un philosophe des sciences, un empiriste logique, un positiviste logique et un représentant de la philosophie analytique naissante. Il est plus central et plus systématique que Hans Hahn dans l’organisation du Cercle de Vienne, tandis que Hahn était avant tout mathématicien et philosophe des fondements des mathématiques. Sa pensée se situe à la rencontre du réalisme scientifique, de l’empirisme, de l’analyse logique du langage et de l’anti-métaphysique ; son projet fondamental était de faire de la philosophie une activité de clarification au service de la connaissance scientifique.