

Michaël FOESSEL est un philosophe français spécialiste de Kant, de la philosophie allemande et de la philosophie politique, souvent présenté comme un "philosophe de la liberté". Militant communiste dans sa jeunesse, il se situe aujourd’hui clairement dans une tradition de gauche, même s’il insiste sur le fait que "être de gauche" signifie d’abord ne pas accepter comme évidentes les inégalités et les dénis de liberté.
Dans son ouvrage "La privation de l’intime" paru en 2008, il analyse la manière dont les sociétés libérales modernes exposent, marchandisent ou politisent l’intimité, au point de la priver de sa fonction de refuge et de ressource subjective. Il montre que cette érosion de l’intime a des conséquences politiques directes, en fragilisant les sujets et en rendant plus difficile une véritable autonomie. Il sort ensuite "Récidive. 1938" paru en 2019 ou il propose un parallèle réfléchi entre la France de 1938 et la situation politique actuelle, pour montrer comment un État de droit affaibli, la montée des discours autoritaires et la banalisation des injustices peuvent préparer des basculements graves sans qu’il y ait encore dictature ouverte. Ce n’est pas une répétition mécanique de l’histoire, mais une manière de se servir de 1938 comme "laboratoire" pour comprendre les fragilités de la démocratie.
Son ouvrage le plus récent paru en 2022 "Quartier rouge. Le plaisir et la gauche", il interroge le rapport de la gauche au plaisir, à la joie, au désir, en critiquant l’idée que l’émancipation passerait seulement par la dénonciation ou la culpabilisation. Il cherche à penser une politique de gauche qui n’abandonne ni la justice sociale ni la dimension sensible et joyeuse de l’existence.
Spécialiste reconnu de Kant, il a commenté notamment "Vers la paix perpétuelle" et "La religion dans les limites de la simple raison", tout en travaillant sur le problème du mal et de la raison pratique. Son travail reprend l’exigence kantienne de l’universalité et du cosmopolitisme, mais il la confronte aux enjeux actuels (migration, crise écologique, populismes), pour voir comment la raison peut encore orienter une politique démocratique au XXIᵉ siècle.