

Maurice de GANDILLAC était un philosophe français spécialiste de la pensée médiévale et de la Renaissance, connu pour son ouverture d'esprit et son rôle de passeur entre traditions philosophiques. Professeur à la Sorbonne pendant trois décennies, il a influencé des générations d'étudiants et traduit des auteurs majeurs comme Nicolas de Cues, Walter Benjamin et Nietzsche. Catholique initialement proche de Maritain et Mounier, il s'engage dans des revues comme Esprit et Dieu vivant, et préside les rencontres de Cerisy de 1954 à 1999.
Sa thèse de 1941 (La Philosophie de Nicolas de Cues) et de multiples traductions (dont De docta ignorantia) en font l'un des principaux introducteurs du Cusain en France, explorant l'infini, la "docte ignorance" et l'unité des contraires. Premier à traduire Walter Benjamin en français, ainsi que Novalis, Hegel, Nietzsche (avec Deleuze), Ernst Bloch et Dante (Divine Comédie).
Il incarne un humanisme érudit , liant Moyen Âge, Renaissance et modernité, avec un souci des silences et opacités de la pensée face à l'indicible. Son œuvre, mêlant histoire philosophique, poésie (Bestiaire latéral, 1974) et dialogues interdisciplinaires, reste une référence pour l'étude des marges de la rationalité.