

Lu XIANGSHAN était un philosophe néoconfucianiste chinois majeur de la dynastie Song du Sud. Né dans le district de Jinxi (Jiangxi), il passe les examens impériaux en 1172 et occupe des postes administratifs modestes, préférant l'enseignement à la carrière officielle. Fondateur de l'École de l'Esprit (xinxue), il enseigne à des disciples comme Yang Jian, et son école rivalise avec celle du Principe (lixue) de Zhu Xi, avec qui il débat âprement.
Contemporain et adversaire principal de Zhu Xi, Lu Xiangshan rejette la dualité entre esprit humain et principe cosmique prônée par son rival. Il affirme l'unité absolue de l'esprit (xin), qu'il identifie au Ciel, au Tao et au Principe (li), accessible par intuition innée plutôt que par étude des classiques. Influencé par Mencius et le taoïsme, il prône une morale spontanée issue du cœur-esprit originel.
Sa philosophie idéaliste, dite "de la conscience" ou "du cœur-esprit", postule que la connaissance morale est innée : "L'univers est mon esprit, mon esprit est l'univers". Pas besoin d'enquête externe (gewu) ; l'introspection suffit pour actualiser les vertus confucéennes comme la bienveillance (ren) et la rectitude (yi), rendant l'homme sage par retour à sa nature céleste.
Oubliée en Chine après sa mort au profit de Zhu Xi (orthodoxie officielle), son école renaît avec Wang Yangming au XVIe siècle, influençant le Japon. Elle marque le néoconfucianisme par son monisme intuitif, opposé au rationalisme de Zhu, et inspire une pensée morale centrée sur l'intériorité et l'unité cosmique.