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Lajos SZABO

Philosophes modernes
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Lajos SZABO
Lajos SZABO

Lajos SZABO

1902 – 1967

Lajos SZABO était un philosophe hongrois et l’un des fondateurs de l’École dialogique de Budapest, avec Béla Tábor. Sa pensée s’est d’abord nourrie du marxisme critique, notamment au contact de Karl Korsch, avant d’évoluer vers l’existentialisme, la philosophie du dialogue et une réflexion originale sur le langage.

L’une de ses préoccupations centrales est le refus de la fragmentation du savoir. Pour lui, la philosophie, la science, l’art et la religion appartiennent à une même tradition spirituelle européenne et ne doivent pas être enfermés dans des domaines complètement séparés. Il critique ainsi les formes de pensée qui réduisent l’esprit à une spécialité universitaire ou à un système abstrait, sans rapport avec la totalité de l’existence humaine.

Il se définissait également comme un philosophe du langage. Il soutient qu’il existe une unité profonde entre la pensée et la parole : les mots ne sont pas de simples instruments neutres, mais ils structurent notre rapport au réel et aux autres. Dans cette perspective, le dialogue devient essentiel, car la vérité ne se possède pas isolément ; elle se construit dans une relation vivante, exigeante et responsable entre les personnes, dans la lignée de Ferdinand Ebner, Franz Rosenzweig et Martin Buber.

Une autre idée importante est son concept très large de « recherche ». La recherche ne désigne pas seulement l’activité scientifique : elle comprend aussi l’art, la philosophie et tout acte humain véritablement créateur, c’est-à-dire capable de faire apparaître quelque chose de nouveau à partir d’une tradition, d’une langue et d’une culture. Il accorde donc une place fondamentale aux valeurs et refuse l’idée d’une neutralité absolue de la pensée : connaître, c’est toujours aussi évaluer et prendre position.

Il est un critique radical de l’« organisation » lorsqu’elle devient une force qui rigidifie la pensée et transforme les individus en simples éléments d’un système. Son œuvre Acte d’accusation contre l’esprit, écrite avec Béla Tábor en 1936, exprime cette opposition à l’appauvrissement et à la dispersion de la vie spirituelle. Sa philosophie, relativement peu connue en France, associe ainsi marxisme critique, existentialisme, théorie des signes, philosophie du dialogue et création artistique ; il fut aussi calligraphe, et ses dessins tardifs prolongent visuellement sa recherche sur les formes de la pensée.