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Keiji NISHITANI

Philosophes orientaux & africains
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Keiji NISHITANI
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Nishitani Keiji Nihilism par True Sage

Keiji NISHITANI

1909 — 1966

Keiji NISHITANI un philosophe japonais membre de l’École de Kyoto, au côté de Nishida Kitarō et Tanabe Hajime, et l’un des penseurs modernes les plus originaux sur la religion, le bouddhisme et l’expérience du néant. Il cherche à penser ensemble la crise métaphysique de la modernité occidentale et la voie spirituelle du bouddhisme, notamment le zen et le bouddhisme du Vide (śūnyatā).

Sa réflexion prend comme point de départ le nihilisme moderne, c’est‑à‑dire le sentiment profond que tout est vidé de sens, de valeur et d’origine absolue, auquel il confronte l’expérience bouddhique de la vacuité radicale. Selon lui, la modernité enferme l’homme dans un soi narcissique et isolé, coupé de tout fondement ultime, et ce qui surgit alors n’est pas seulement le doute, mais une « grande incertitude » qui mène au vide de soi‑même.

Il propose alors une « conversion » spirituelle : le même néant qui menaçait d’anéantir l’individu peut devenir, lorsque l’on cesse de le fuir, le point de départ d’une nouvelle compréhension du religieux, où le soi s’efface au profit d’une ouverture à l’être tout entier. Pour lui, la religion ne se réduit ni à dogme, ni à institution, ni à simple psychologie, mais à une expérience où le sujet, au cœur de sa plus grande déréliction, découvre que le monde peut être habité de sacrement, de manière « immanemment sainte ».

Il s’inscrit dans une entreprise de « philosophie entre Orient et Occident », où la pensée occidentale rencontre la tradition bouddhique pour repenser ensemble l’être, le mal, la liberté et la responsabilité. À travers des ouvrages comme Religion et néant (Religion and Nothingness), il devient l’une des figures clés du dialogue philosophique et religieux entre Asie et Europe, articulant la crise de la modernité et la possibilité d’une renaissance spirituelle fondée sur la vacuité éclairée.