

Juan Bautista ALBERTI était un philosophe, écrivain et juriste argentin, père intellectuel de la Constitution argentine, un texte visionnaire qui a posé les bases d’un État moderne. C’est en Europe, où il voyage dans les années 1830, qu’il forge sa pensée. Il y découvre les idées libérales, le fédéralisme et l’importance d’une constitution solide. De retour en Amérique du Sud, il s’installe au Chili, où il observe avec inquiétude les luttes de pouvoir entre unitaires et fédéralistes en Argentine.
En 1852, après la chute de Rosas, Alberdi publie son œuvre majeure :
- "Bases y puntos de partida para la organización política de la República Argentina". Ce texte, rédigé depuis son exil chilien, devient la pierre angulaire de la future Constitution. Ses propositions sont révolutionnaires pour l’époque car il propose un système fédéral équilibré, pour éviter les guerres civiles, la promotion de l’immigration européenne pour peupler et développer le pays et surtout la liberté de commerce et la séparation des pouvoirs. La Constitution de 1853 s’en inspire largement, et bien que modifiée depuis, elle reste le socle institutionnel de l’Argentine.
Pourtant, il ne fait pas l’unanimité. Ses idées libérales et son opposition à la centralisation de Buenos Aires le mettent en conflit avec des figures comme Bartolomé Mitre et Domingo Faustino Sarmiento. Quand la guerre de la Triple Alliance (1865-1870) éclate contre le Paraguay, il la dénonce comme une "guerre fratricide", ce qui le marginalise encore davantage. Il passe ses dernières années en Europe, loin des cercles du pouvoir.