Accueil

JÉROME de Prague

Philosophes médiévaux
100 / 111
JÉROME  de Prague
Vidéo — JÉROME  de Prague
"Jerome of Prague (A reformer without a movement)" par Present Truth to SDA

JÉROME de Prague

1380 – 1416

JÉROME de Prague est né en Bohême et se forme dans les grandes universités européennes — Oxford, Paris, Cologne, Heidelberg — accumulant une érudition philosophique qui le rend redoutable dans les disputes académiques. Profondément marqué par la lecture de John Wyclif, dont il rapporte les œuvres à Prague, il devient le compagnon le plus brillant et le plus ardent de Jan Hus dans la réforme religieuse et nationale tchèque. Orateur exceptionnel, sa vie entière est tendue vers une quête de vérité qui le conduira jusqu'au bûcher.

La pensée de Jérôme articule un réalisme philosophique d'inspiration wyclifite — affirmant la réalité des universaux contre le nominalisme dominant à Paris — et une théologie réformatrice qui exige le retour à l'Écriture et à la pureté évangélique. Il défend à l'université de Prague la cause du réalisme avec une véhémence qui lui vaut autant d'admiration que d'inimitiés. Ses positions rejoignent celles de Hus sur la nature de Église et la primauté de la conscience sur l'autorité institutionnelle.

Jérôme s'inscrit dans le mouvement hussiste qui mêle indissociablement réforme religieuse, philosophie réaliste et affirmation nationale tchèque au sein de l'Université de Prague. Influencé par Wyclif et, à travers lui, par une lecture radicale d'Augustin, il partage avec Hus la conviction que l'autorité de l'Écriture prime sur celle des conciles et des papes. Cette position le conduit à la confrontation avec les autorités ecclésiastiques réunies au Concile de Constance.

Arrêté à Constance, Jérôme abjure dans un premier temps, puis se rétracte courageusement, déclarant que Hus et Wyclif furent des hommes justes injustement condamnés. Brûlé vif le 30 mai 1416, il devient un martyr du hussisme et une figure tutélaire de la Réforme protestante naissante. Luther et Mélanchthon le citent avec admiration, voyant en lui l'archétype du chrétien qui obéit à sa conscience plutôt qu'aux institutions.