

Jean ROSCELIN était un philosophe scolastique français, souvent considéré comme le fondateur du Nominaliste et connu pour ses positions sur la querelle des universaux, problème central de la scolastique médiévale qui portait sur la nature de concepts généraux comme "homme", "cheval" ou "beauté". Existent-ils en tant que réalités indépendantes (position du réalisme), ou sont-ils de simples noms ou concepts (position du nominalisme ou du conceptualisme) ?
Il est connu pour avoir défendu une forme extrême de nominalisme, arguant que les universaux ne sont que des "flatus vocis" (un souffle de voix), c'est-à-dire de simples mots ou des expressions verbales. Pour lui, seules les choses individuelles, particulières, existent réellement. Il n'y a pas de réalité objective correspondant à des concepts généraux. Par exemple, "homme" n'est pas une entité existante en soi, mais seulement un mot que nous utilisons pour désigner des individus humains. Cette position s'oppose radicalement au réalisme platonicien, qui postulait l'existence de formes ou d'idées universelles dans un monde distinct du nôtre, et même au réalisme aristotélicien, qui affirmait que les universaux existent dans les choses particulières.
L'application la plus controversée du nominalisme fut son interprétation de la doctrine de la Trinité chrétienne. S'il n'existe que des individus, alors les trois personnes de la Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit) doivent être considérées comme trois substances distinctes, trois individus séparés, comme trois anges. Cela l'a conduit à être accusé de trithéisme, une hérésie. Les conceptualistes reconnaissent une certaine "réalité" aux concepts en tant qu'outils de la pensée, alors que les nominalistes radicaux comme Roscelin la nient presque entièrement, les réduisant à de pures conventions linguistiques.