

Jean COCHLAEUS - son nom véritable étant Johannes Dobeneck — était un humaniste, théologien catholique, prêtre et théoricien de la musique allemand, né en 1479 près de Nuremberg et mort en 1552 à Breslau. Il appartient à la génération qui a vécu les débuts de la Réforme protestante. Formé à Cologne et influencé par l’humanisme de la Renaissance, il fut notamment recteur d’une école latine à Nuremberg avant d’exercer diverses fonctions ecclésiastiques.
Il est surtout connu comme l’un des adversaires catholiques les plus déterminés de Martin Luther. Au départ, il pouvait se montrer attentif à certains débats humanistes et aux critiques visant les abus de l’Église, mais il rompt avec Luther à partir des années 1520. Il s’oppose alors à plusieurs thèses fondamentales de la Réforme : la justification par la foi seule, la conception de la liberté humaine, l’autorité de l’Église et la place des sacrements.
Sa pensée théologique et polémique, fondée sur la défense de la tradition catholique car il considère que la réforme de l’Église doit rester interne à l’institution et ne peut justifier la rupture doctrinale de Luther. Sa méthode consiste à répondre point par point aux écrits protestants, en mobilisant l’Écriture, les Pères de l’Église, la tradition et l’histoire ecclésiastique.
Son œuvre la plus célèbre est le Commentaria de actis et scriptis Martini Lutheri, publié à Mayence en 1549. Cet ouvrage présente chronologiquement les actes et les écrits de Luther depuis 1517 jusqu’en 1546. Il y construit une image très critique de Luther, présenté comme l’origine personnelle et dangereuse des troubles religieux en Allemagne. L’ouvrage est donc précieux comme témoignage contemporain, mais il doit être lu avec prudence, car il s’agit d’une œuvre de controverse catholique et non d’une biographie neutre.