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Javier MURGUERZA

Philosophes modernes
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Javier MURGUERZA
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Hommenaje al profesor Javier Murguerza’ par BibliotecasUned

Javier MURGUERZA

1936 – 2019

Javier MURGUERZA  était un philosophe espagnol majeur, disciple de José Luis López Aranguren et José Ferrater Mora, connu pour son l'agnosticisme déclaré et sa défense de la "perplexité" comme posture éthique et rationnelle face aux certitudes dogmatiques. Né à Coín (Malaga), il a doctoré en 1965 à l'Université Complutense de Madrid avec une thèse sur Frege, avant de devenir catedrático en philosophie morale dans plusieurs universités (La Laguna, Autónoma de Barcelona, UNED). Il a fondé l'Institut de Philosophie du CSIC et la revue Isegoría en 1990, promouvant un dialogue ibéro-américain en philosophie morale et politique.

Bien que non lié à l'origine historique de l'agnosticisme (Huxley, 1869), Muguerza en incarne une version moderne et personnelle, influencée par Kant et la philosophie critique. Dans des essais comme « La profession de foi de l'incroyant », il adopte une position agnostique : vivre « comme si Dieu n'existait pas » tout en reconnaissant que la solidarité humaine pourrait requérir une motivation quasi-religieuse pour transcender la simple justice. Sa pensée, marquée par La raison sans espoir (1977) et Depuis la perplexité (1990), valorise le dissensus et l'impératif de la dissidence contre tout autoritarisme, y compris religieux.

Il dialogue ouvertement avec la théologie chrétienne tout en maintenant une laïcité ferme, analysant des dilemmes comme la question socratique d'Euthyphron (Dieu fonde-t-il la morale ?) ou le problème du mal d'Épicure. Il critique les éthiques religieuses pour leur risque de subordonner la morale à la religion, plaidant pour une éthique publique cosmopolite et utopique, sans recours à une loi naturelle théologique. Ses "trois Critiques" (analytique, dialogique, onirique) renouvellent Kant en soulignant l'incertitude rationnelle.

Figure de la transition démocratique espagnole, il a dirigé plus de vingt thèses et reçu un doctorat honoris causa de La Laguna en 2007. Son legs : une philosophie du dissensus qui fait écho à l'agnosticisme en refusant les réponses absolues, favorisant une raison perpleja et engagée.