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Jacob OSSIS

Philosophes modernes
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Jacob OSSIS
Jacob OSSIS

Jacob OSSIS

1860 – 1919

Jacob OSSIS connu sous le nom de Jakob Ohse ou Iakov Oze, était considéré comme le premier philosophe letton académiquement formé et l’une des figures centrales de l’« école de Tartu » (ou « école de Jurjev ») en philosophie. Né en Courlande (Empire russe) dans une famille paysanne lettonne, il étudie la théologie puis la philosophie à l’université de Tartu (alors appelée Université de Dorpat / Jurjev), où il devient l’élève et le successeur intellectuel de Gustav Teichmüller.

se définit lui-même comme le fondateur d’un « personnalisme critique », doctrine qu’il élabore à partir des éléments qu’il puise chez Leibniz, Hermann Lotze et surtout Teichmüller. Son projet est de réviser l’idéalisme allemand (notamment hégélien) et de résister aux tendances matérialistes et positivistes de son époque, en recentrant la philosophie sur la notion de personne et de centres psychiques actifs. Pour Osis, la réalité ultime ne réside pas dans des substances matérielles ou dans un Esprit absolu, mais dans un système de centres conscients, analogues aux monades leibniziennes, dont chaque personne est un exemple.

Dans sa métaphysique, il soutient que la véritable réalité est une pluralité de « centres psychiques » ou de monades, chacun étant un sujet vivant, actif et doué de volonté, qui se représente le monde depuis son propre point de vue. La personne n’est pas un objet parmi d’autres, mais un commencement actif et autonome, à la fois être, pensée et action, ce qui le rapproche des développements ultérieurs du personnalisme français (par exemple chez Emmanuel Mounier), eux aussi influencés par Leibniz. Cette conception vise à préserver la dignité et l’irréductibilité de la personne face aux réductions naturalistes ou aux systèmes abstraits qui dissolvent l’individu dans un tout indifférencié.

Il  joue un rôle fondateur dans l’histoire intellectuelle lettone : il est non seulement le premier philosophe letton formé académiquement, mais aussi l’un des promoteurs de la création de l’Université de Lettonie et de l’enracinement d’une culture philosophique nationale. Son influence s’exerce surtout à travers ses élèves lettons et russes, même si une grande partie de son œuvre systématique reste manuscrite ou peu diffusée en dehors de l’espace germano-russe.