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Isabelle STENGERS

Philosophes contemporains — monde
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Isabelle STENGERS
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"Isabelle Stengers. Livre 1. Comment des lectures et des rencontres m’ont transformée et dit" par Les Possédés et leurs mondes

Isabelle STENGERS

1949

Isabelle STENGERS est une philosophe belge connue pour son approche critique et novatrice de la science remettant en question l'idée d'une science neutre et objective, elle explore plutôt la manière dont les pratiques scientifiques sont situées, influencées par des contextes sociaux, politiques et historiques. Elle plaide pour une "écologie des pratiques" et un "ralentissement des sciences" pour permettre une réflexion plus approfondie, une prise en compte des incertitudes et une participation accrue des citoyens, où les savoirs scientifiques ne sont pas vus comme supérieurs aux autres formes de connaissance, mais comme des pratiques spécifiques avec leurs propres modes de production et de validation. Plutôt que de se focaliser sur les théories ou les "vérités" scientifiques, elle s'intéresse aux pratiques concrètes des scientifiques, aux gestes, aux instruments, aux manières de faire qui constituent la science.

Elle déconstruit l'idée que la science détient une vérité absolue et qu'elle doit être aveuglément acceptée. Elle invite à interroger les rapports de pouvoir qui se cachent derrière les discours scientifiques et à ne pas hiérarchiser les savoirs. Ce concept, qu'elle développe notamment dans ses ouvrages "Cosmopolitiques", vise à créer un espace de discussion et de négociation entre les différentes manières de faire monde, y compris celles des non-humains, et à prendre en compte les "effets" des savoirs et des pratiques.

Grande spécialiste de la pensée de Whitehead, elle utilise ses concepts pour repenser la nature du réel, de l'expérience et des processus de création.

Ses travaux sont d'une grande pertinence pour comprendre les enjeux contemporains liés aux sciences, à l'écologie, à la politique et à la manière dont nous habitons le monde. Elle a reçu le Grand Prix de philosophie de l'Académie française en 1993.