

Hans DRIESCH était un zoologiste, biologiste et philosophe allemand, fils unique d'un négociant prospère de Hambourg, il grandit dans un environnement propice à développer une vocation précoce de zoologiste : sa mère élevait des oiseaux exotiques et toutes sortes d'animaux, remplissant la maison de cages et de vivariums. Il devient en 1912 professeur de philosophie à Heidelberg, enseignera ensuite à Cologne en 1919, puis à Leipzig en 1921. En 1922-1923, il donne des cours en Chine aux universités de Nankin et Pékin, en 1926-1927 aux États-Unis à l'université du Wisconsin, et en 1928 à l'université de Buenos Aires. Le régime nazi le met d'office à la retraite en 1933, mais il continue à travailler jusqu'à sa mort survenue en pleine guerre.
En 1891, il réalise une expérience fondamentale : il dissocie deux blastomères d'oursin et montre que chacun se développe en une larve complète, bien que plus petite que la moyenne. Cette découverte contredit la théorie de Wilhelm Roux (1888) sur le développement en mosaïque, qui affirmait que chaque cellule initiale avait un rôle précis et formait seulement une partie de l'embryon. En 1892, il procède à une autre expérience capitale en comprimant les œufs d'oursin au stade de division en quatre cellules, déplaçant les noyaux anarchiquement dans le cytoplasme : les larves obtenues sont parfaitement normales, prouvant que tous les noyaux sont équivalents et renferment tous les gènes. Il a ainsi défendu l'épigenèse contre le préformisme et fait faire à l'embryologie un grand bond en avant.
Il est le dernier grand porte-parole du vitalisme, la théorie selon laquelle la vie ne peut être expliquée comme un phénomène purement physique ou chimique. Vers 1895, il devient un vitaliste convaincu. Il introduit le concept aristotélicien d'entéléchie pour désigner une force vitale qui régule le développement organique vers un but. Cette entéléchie est une force vitale logée dans l'œuf, tendant toujours vers le même but, expliquant pourquoi une cellule séparée peut donner une larve entière.
Il apparaît comme une figure originale tant parmi les scientifiques que parmi les philosophes, ayant introduit la biologie comme nouveau continent au sein de la réflexion philosophique. Sa philosophie de l'organique est étroitement liée à ses recherches biologiques. Toutefois, les théories vitalistes qu'il défendait sont aujourd'hui complètement abandonnées. On doit lui reconnaître le mérite d'avoir stimulé le progrès de l'embryologie expérimentale et d'avoir ouvert à la biologie de vastes perspectives.