

Hannah ARENDT était une femme philosophe allemande naturalisée américaine et formée dans la tradition philosophique allemande, notamment auprès de Martin Heidegger et de Karl Jaspers. Elle a également été marquée par la phénoménologie (Husserl) et la pensée de Kant, tout en s'éloignant de la philosophie pure pour développer une réflexion ancrée dans le réel. Les thèmes majeurs de sa pensée seront :
- "Les Origines du totalitarisme" : Elle analyse le nazisme et le stalinisme comme des régimes totalitaires inédits dans l'histoire, caractérisés par la destruction des structures sociales et politiques traditionnelles et avec l'idéologie comme moteur absolu (la race pour les nazis, la lutte des classes pour les staliniens) tout en semant la terreur systématique et les camps comme laboratoires de la domination totale.
- "Eichmann à Jérusalem" : En couvrant le procès d'Adolf Eichmann, responsable logistique de la Shoah, elle introduit l'idée controversée de la "banalité du mal". Eichmann n'était pas un monstre, mais un bureaucrate ordinaire, incapable de penser par lui-même, obéissant aveuglément aux ordres. Le mal, dans ce cas, résulte de l'absence de réflexion critique.
- "Condition de l'homme moderne" ou elle distingue trois dimensions de l'existence humaine :
Dans sa dernière oeuvre "La Vie de l'esprit" (inachevé), elle explore les facultés de penser, vouloir et juger. Le jugement, en particulier, est crucial pour résister à l'idéologie, il suppose la capacité à voir les choses depuis le point de vue d'autrui (élargissement de l'esprit chez Kant).