

Gustave BELOT était un philosophe français spécialiste de philosophie morale et de sociologie, qui s'imposa comme l'un des critiques les plus rigoureux du sociologisme durkheimien dans le domaine de l'éthique. Agrégé de philosophie et docteur ès lettres, il enseigna à l'École normale supérieure et fut l'un des collaborateurs de la Revue philosophique. Sa pensée se situe à l'intersection de la philosophie morale, de la psychologie et de la sociologie naissante.
Ses travaux les plus importants portent sur les fondements de la morale. Dans Études de morale positive (1907), il chercha à établir une éthique rationnelle et positive sans recourir ni à la métaphysique traditionnelle ni au réductionnisme sociologique de Durkheim. Il critiqua avec force l'idée selon laquelle la morale serait entièrement déterminée par les faits sociaux, défendant au contraire l'irréductibilité du jugement moral individuel et la dimension normative de l'éthique. Cette critique constructive contribua à affiner les débats entre philosophie morale et sociologie dans la France du début du XXe siècle.
Il représente une figure typique des philosophes universitaires de la Belle Époque qui s'efforcèrent de maintenir les exigences proprement philosophiques de la réflexion morale face à l'expansion des sciences humaines. Sa pensée, attentive à la fois aux données empiriques et aux exigences normatives, préfigure certains débats contemporains sur les rapports entre éthique descriptive et éthique normative. Bien que relativement peu connu aujourd'hui, il joua un rôle important dans la structuration du champ philosophique français de son époque.