

Georges GURDJIEFF était un maître spirituel, philosophe et chorégraphe d'origine gréco-arménienne, l'une des figures les plus énigmatiques et les plus influentes du mysticisme du XXe siècle. Né dans une famille d'origine grecque et arménienne, il passa sa jeunesse à voyager en Orient — Égypte, Perse, Inde, Tibet, Asie centrale — à la recherche des traditions ésotériques et des écoles initiatiques dont il avait entendu parler. Il développa progressivement son propre enseignement, qu'il appela le « Quatrième Chemin » ou « Travail ».
Sa philosophie, transmise essentiellement de manière orale et par l'exemple direct, repose sur l'idée que l'homme ordinaire vit dans un état de « sommeil » ou d'hypnose, identifié à ses mécanismes automatiques, incapable de conscience ou de volonté véritables. Son enseignement vise à « réveiller » l'élève par une combinaison de travail intellectuel, émotionnel et physique — d'où le nom de « Quatrième Chemin », distinct des voies traditionnelles du fakir, du moine et du yogi. Son système cosmologique, exposé dans Récits de Belzébuth à son petit-fils (1950), propose une vision complexe et poétique de l'univers et de la place de l'homme dans l'échelle des créations.
Installé à Paris après la Révolution russe, il fonda l'Institut pour le Développement Harmonieux de l'Homme au Château du Prieuré près de Fontainebleau (1922), qui attira de nombreux intellectuels occidentaux. Son influence sur la pensée spirituelle du XXe siècle — notamment via son disciple P.D. Ouspenski — fut considérable, touchant des personnalités aussi diverses que Frank Lloyd Wright, Katherine Mansfield et Timothy Leary. Il reste l'une des figures les plus originales et les plus discutées du mysticisme contemporain.