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Gabriel BIEL

Philosophes médiévaux
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Gabriel BIEL
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Gabriel Biel par VIS PHILO

Gabriel BIEL

1418 – 1495

Gabriel BIEL était  un théologien et philosophe nominaliste allemand, souvent considéré comme l’un des derniers grands scolastiques médiévaux. Il enseigne à l’Université de Tübingen et est surtout connu pour son Collectorium circa IV libros sententiarum, un vaste commentaire des Sentences de Pierre Lombard qui résume et développe la pensée de Guillaume d’Ockham.

Il se situe dans la lignée de l’« exception moderna », c’est‑à‑dire du nominalisme issu d’Ockham. Il nie une réalité indépendante des « universaux » (comme « humanité » ou « justice ») et les considère comme des noms ou des concepts créés par l’esprit humain pour désigner des choses individuelles. Selon lui, tout ce qui existe est absolument singulier, et l’essence et l’existence ne sont réellement distinctes que dans la pensée, non dans la réalité.

En théologie morale, il développe une forme de volontarisme : la valeur des actes repose sur le fait qu’ils sont voués à la gloire de Dieu et qu’ils obéissent à sa volonté révélée. Il enseigne que la loi morale tire son obligation non de la nature des choses, mais de la volonté divine ; selon une formule célèbre, il affirme que Dieu pourrait sans péché commander de mentir, ce qui souligne la primauté de la volonté divine sur toute norme naturelle.

Sur le plan psychologique, il reprend en grande partie la vision ockhamiste‑augustinienne de l’âme : l’intellect et la volonté ne sont pas des facultés réellement séparées, mais deux modes d’activité de l’âme. Pour lui, la volonté est la faculté la plus centrale : l’homme est concevable comme un être « volitif » avant d’être purement rationnel, ce qui marque une forte discontinuité avec l’anthropologie aristotélicienne classique.

Il  exerce une influence directe sur les débuts de la Réforme, notamment par ses élèves de Tübingen et par Johann von Staupitz, supérieur de Luther, qui appelle des « gabriélistes » ceux qui suivent cette théologie nominaliste. En outre, il aborde des questions économiques (prix, monnaie, taxation) dans des écrits comme De potestate et utilitate monetarum, ce qui en fait aussi un précurseur de la réflexion sur l’économie politique médiévale tardive.