

Friedrich Wilhelm Joseph von SCHELLING était un philosophe allemand de l’idéalisme allemand contemporain et ami-ennemi de Hegel et Hölderlin. Il est surtout connu pour sa tentative de penser ensemble la nature, l’esprit et l’absolu, dans une œuvre en plusieurs “phases” qui a profondément marqué la philosophie, le romantisme allemand et la pensée de la liberté.
Sa pensée est souvent décrite comme une “odyssée intellectuelle”, composée de plusieurs grands moments : une philosophie de la nature (Naturphilosophie), une “philosophie de l’identité”, puis une philosophie de la liberté, de la mythologie et de la révélation. Dans ses premiers écrits, influencés par Kant et Fichte, il met au centre le Moi comme principe de la philosophie, puis cherche à dépasser l’opposition sujet/objet en affirmant une unité plus profonde, l’Absolu, dont nature et esprit sont deux faces. Il veut montrer que la nature n’est pas seulement un ensemble de choses inertes, mais une productivité vivante, un “organisme” où agissent des forces opposées qui se composent dans un devenir permanent. La philosophie de l’identité soutient qu’au niveau de l’Absolu, sujet et objet, esprit et nature, idéal et réel sont identiques, ce qui inspirera aussi sa réflexion sur l’art comme lieu privilégié où cette identité se manifeste.
Dans sa période dite “positive”, il s’éloigne des systèmes purement rationnels et accorde un rôle central à la liberté, au temps, à l’histoire, au mal et à la révélation, cherchant à penser la réalité concrète plutôt qu’un système achevé. Il distingue une “philosophie négative” (pure construction rationnelle de l’absolu) et une “philosophie positive” qui part de l’existence, des faits de la révélation et de l’histoire pour comprendre Dieu, le monde et la liberté.