

DŌGEN ZENJI était l’un des plus grands maîtres du zen japonais et le fondateur de l’école Sōtō au Japon. Sa pensée se distingue par une philosophie très exigeante, où la pratique méditative n’est pas un moyen vers l’éveil, mais déjà l’expression même de l’éveil.
Au cœur de son enseignement se trouve l’idée de non-dualité : il refuse de séparer radicalement le soi et le monde, la pratique et le résultat, ou encore le quotidien et le sacré. Pour lui, chaque geste accompli avec pleine présence peut manifester la vérité bouddhique, ce qui donne une valeur spirituelle à des actes ordinaires comme manger, cuisiner ou nettoyer.
Il est aussi célèbre pour sa méditation appelée shikantaza, souvent traduite par « juste s’asseoir ». Cette pratique consiste à s’asseoir sans but à atteindre, sans chercher à fabriquer un état spécial, afin de laisser apparaître l’expérience telle qu’elle est. Il y voit une discipline radicale, parce qu’elle demande d’abandonner l’esprit de performance et de saisir l’instant présent dans sa totalité.
Il propose une vision très profonde du temps avec l’idée de uji, ou Cil suggère que le temps n’est pas un simple décor extérieur dans lequel les êtres existent, mais qu’être et temps sont inséparables : chaque instant est une expression complète de la réalité. C’est ce qui fait de sa pensée une philosophie de l’ici et maintenant, à la fois spirituelle, concrète et très originale dans l’histoire du bouddhisme.