

DAMASCIOS le Diadoque , né à Damas fut le dernier scholarque de l'Académie platonicienne d'Athènes, Élève de Marinos de Néapolis et d'Isidore d'Alexandrie, il succéda à ce dernier comme scholarchos vers 515, jusqu'à la fermeture de l'école par l'empereur Justinien en 529. Philosophe néoplatonicien d'une érudition exceptionnelle, il incarne la résistance de la pensée grecque face au triomphe du christianisme.
Disciple d'Isidore de Gaza et d'autres maîtres alexandrins, il dirigea l'École d'Athènes et rédigea des œuvres d'une grande complexité spéculative, notamment les Problèmes et Solutions concernant les Premiers Principes et un commentaire sur le Parménide de Platon. Auteur de la Vie d'Isidore (biographie philosophique et critique du christianisme), du Traité des premiers principes (sur l'ontologie), de commentaires sur le Parménide de Platon et les Chaldaica, ses écrits préservent la tradition néoplatonicienne tardive.
Il poussa la dialectique néoplatonicienne jusqu'à ses limites, affirmant que le Premier Principe — l'Un — est absolument ineffable, au-delà de toute pensée et de tout être.
Après la fermeture de l'Académie, Damascios s'exila en Perse avec Simplicius et d'autres philosophes, à la cour du roi sassanide Khosrô Ier. Il représente la fin d'une époque : la clôture du néoplatonisme antique, dont il fut l'un des penseurs les plus profonds et les plus radicaux.
Critiquant Proclus, Damascios dépassa l'Un-Bien pour poser un principe ineffable (to aprorrhēton), absolu et sans relation, au-delà de toute connaissance. Son ontologie distingue l'Ineffable, l'Un, l'Intellect et l'Âme, influençant les théologies apophatiques ultérieures.