

CHRYSIPPE de Soles est l'une des figures les plus importantes de la philosophie grecque et le deuxième fondateur du stoïcisme, après Zénon de Cition et a joué un rôle crucial dans le développement et la systématisation de la doctrine stoïcienne, au point qu'on a dit : "Sans Chrysippe, il n'y aurait pas eu de Portique" (le Portique étant l'école stoïcienne).
Il a développé une théorie complexe du langage et de la pensée, en s'intéressant particulièrement aux propositions, aux syllogismes et aux paradoxes. Il a formalisé un système de logique propositionnelle qui a influencé la philosophie ultérieure, y compris la logique médiévale et moderne. Il a défendu l'idée d'un déterminisme universel, où tout événement est causé par des lois naturelles. Cependant, il a également introduit la notion de "destin compatible" (heimarmene), qui laisse une place à la liberté humaine en tant que partie intégrante de l'ordre cosmique.
Pour lui, le but de la vie était d'atteindre la vertu, qui est le seul bien véritable. Il a développé une théorie des passions (pathē), qu'il considérait comme des jugements erronés de la raison. Selon lui, la sagesse consiste à maîtriser ces passions pour atteindre l'apatheia (l'absence de troubles émotionnels). Il a intégré la théologie dans le système stoïcien en identifiant le Logos à Dieu. Pour lui, Dieu est immanent dans le monde, présent dans chaque partie de l'univers.
Il a laissé une empreinte profonde sur la philosophie stoïcienne, et ses idées ont influencé des penseurs ultérieurs comme Épictète, Marc Aurèle et Sénèque. Bien que ses œuvres aient été perdues, son influence se fait sentir à travers les écrits des stoïciens romains et des auteurs chrétiens qui ont repris certaines de ses idées.