

Byung-Chul HAN est un philosophe et essayiste sud-coréen installé en Allemagne, connu pour ses diagnostics tranchants des pathologies propres au capitalisme néolibéral contemporain, comme l’épuisement, l’hyper-transparence ou la disparition de l’altérité.
La société de la transparence, La topologie de la violence et La société de la fatigue. Il parle des relations humaines, de la solitude et de la souffrance des personnes dans la société moderne, de la violence actuelle qui adopte des formes très subtiles, de l'individualisme qui ne nous permet pas de nous consacrer au non-soi. Il soutient que grâce aux nouvelles technologies, il a créé "un essaim numérique" d'individus sans sens collectif. Il distingue ainsi l’ancienne figure du sujet obéissant (tu dois) de celle du sujet de rendement contemporain (tu peux, tu dois réussir), qui se croit libre tout en étant pris dans une contrainte intériorisée menant à la dépression, au burn‑out et aux troubles attentionnels.
Un autre fil directeur de sa pensée est la critique de la "société de la transparence", où la demande de visibilité totale – dans les réseaux sociaux, l’économie, la politique – détruit le secret, la pudeur et la confiance. Pour lui, la transparence totale n’est pas émancipatrice, mais devient une norme quasi totalitaire qui transforme les individus en données exposées et contrôlables, au profit d’un capitalisme numérique fondé sur la surveillance consentie.
Il s’inscrit dans la philosophie continentale, avec de fortes influences de Heidegger, Foucault, Agamben ou Deleuze, tout en produisant des essais très lisibles, presque pamphlétaires. Sa spécificité tient à la manière dont il décrit le néolibéralisme comme un régime qui internalise le pouvoir, rendant superflus les grands conflits visibles : chacun devient "entrepreneur de soi-même", à la fois maître et esclave, exploiteur et exploité. Pour lui, la résistance passe alors par la réhabilitation de la fatigue "profonde", du repos, du silence, du secret et d’une relation renouvelée à la Terre et à l’altérité, contre la logique de la connexion permanente et de la performance sans fin.