

Boèce de DACIE était un philosophe danois, figure majeure du courant averroïste de l’Université de Paris, connu pour avoir défendu l’autonomie de la raison philosophique par rapport à la foi chrétienne. Proche de Siger de Brabant, il est condamné en 1277 par l’évêque Étienne Tempier pour des thèses jugées averroïstes, puis quitte Paris et finit rattaché aux dominicains de "Dacia" après un passage à la curie pontificale.
Sa thèse la plus célèbre est que la philosophie doit suivre ses conclusions propres, même si celles‑ci semblent entrer en tension avec la foi révélée. Il fait de la vie philosophique — la contemplation rationnelle de la vérité et de la vertu — le souverain bien de l’homme, dans une perspective fortement aristotélicienne.
Il est souvent associé à la "doctrine de la double vérité" : une affirmation peut être vraie en philosophie et fausse en théologie, même s’il cherche à éviter les contradictions directes. Il soutient par exemple qu’on ne peut pas démontrer par la raison que le monde a commencé : la création ex nihilo relève pour lui de la foi, tandis que la raison naturelle ne connaît que la génération et la corruption des choses.
Son texte le plus connu est "Du souverain bien ou De la vie philosophique," où il décrit la vie du philosophe comme forme la plus haute d’existence humaine. Il rédige aussi des traités scolastiques sur des questions de physique et de métaphysique inspirées d’Aristote, qui participent à la diffusion d’un aristotélisme radical à Paris.
Il incarne avec Siger de Brabant, l’"averroïsme latin" parisien : un usage systématique d’Aristote et d’Averroès pour penser la nature, l’âme et le monde, en distinguant rigoureusement le registre philosophique du registre théologique.