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Philosophes orientaux & africains
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"L'histoire d'Ibn Bajjah Le philosophe solitaire" par Le Savoir est une Force

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1095 – 1139

AVEMPACE était un philosophe, médecin, astronome, géomètre, musicien et poète musulman arabe andalou aussi appelé Ibn BADJDJA. Sa pensée est profondément influencée par Al-Farabi et, à travers lui, par Aristote. Son projet central était de concilier la philosophie aristotélicienne avec la spiritualité islamique. Son œuvre la plus célèbre est "Le Règime du solitaire".

Comme Aristote, il pense que le bonheur suprême pour l'être humain réside dans l'activité intellectuelle la plus pure. Pour lui, cette activité culmine dans l'union de l'intellect humain avec l'Intellect Agent. Le concept "d'Intellect Agent" hérité d'Aristote est une intelligence divine, séparée de la matière, qui est la source de toute connaissance et qui "éclaire" les intellects humains pour leur permettre de comprendre les vérités universelles. L'individu, par l'étude et la contemplation, peut faire évoluer son intellect du stade "matériel" (potentiel) vers le stade "acquis", jusqu'à atteindre une union mystique et intellectuelle avec cet Intellect Agent. C'est l'état de félicité parfaite.

C'est là que sa pensée devient originale. Il constate que la cité idéale décrite par Platon et Al-Farabi, où la philosophie et le pouvoir politique sont unis, n'existe pratiquement jamais dans la réalité. Les sociétés humaines sont souvent corrompues et empêchent le philosophe d'atteindre son but. Face à cette situation, que doit faire le philosophe ? Il doit devenir un "solitaire". La solitude n'est pas un isolement misanthrope, il ne s'agit pas de fuir le monde dans un désert, mais de cultiver une solitude intérieure tout en vivant en société. C'est une philosophie pour les penseurs vivant dans des temps difficiles, une manière de préserver sa quête de vérité malgré un environnement hostile.

Il a proposé une théorie précurseure de la notion d'impetus (ou "force imprimée") qui sera reprise et développée plus tard par Jean Buridan et qui influencera Galilée. Pour lui, le moteur (la main qui lance) communique une "inclination" ou une "virtus motiva" (une force motrice) au projectile, qui est la cause de son mouvement.. Il est donc un penseur fascinant, à la charnière entre la philosophie, la science et la mystique, qui a offert une réponse profonde et élégante à la question de la place du sage dans la cité.