
Le Moïsme était une école de pensée chinoise fondée par Mozi, centrée sur l’amour universel, la bienveillance impartiale et le jugement moral selon les conséquences des actes. Il apparaît durant la période des Royaumes combattants, au milieu des "cent écoles" de pensée qui rivalisent après l’effondrement de l’ordre féodal des Zhou. Il se pose comme une alternative au confucianisme dominant, en critiquant la priorité donnée aux rites, aux hiérarchies et à la piété filiale traditionnelle.
Le cœur du moïsme est l’"amour universel", c’est‑à‑dire le fait de se soucier de tous les êtres humains de manière égale, et pas seulement de sa famille ou de son clan. Cette « attention impartiale » doit éliminer favoritisme, discriminations et préjugés, afin que les forts cessent d’exploiter les faibles et que les riches n’oppriment plus les pauvres. Il défend une morale conséquentialiste : une action est jugée bonne ou mauvaise selon ses résultats concrets pour le bien-être collectif. Sont valorisés ce qui augmente richesse du peuple, ordre social et population et condamnés ce qui entraîne ruine, désordre et souffrance.
Contrairement aux confucéens, les moïstes critiquent les rituels funéraires fastueux, la musique de cour et les dépenses cérémonielles qui n’apportent aucun bénéfice réel au peuple. Là où Confucius met l’accent sur la piété filiale et les rôles hiérarchiques, Mozi privilégie la responsabilité de chacun envers tous et une forme d’égalité morale entre les personnes.
Ils développent un des premiers systèmes de logique en Chine, rassemblé dans le "Canon mohiste", avec une réflexion sur les critères de vérité et l’argumentation correcte. Ils contribuent aussi à des domaines techniques comme les mathématiques et l’optique (réflexion et réfraction), montrant une forte valorisation de la recherche rationnelle.