
Le Fatalisme est une doctrine philosophique et religieuse selon laquelle tous les événements, y compris ceux de la vie humaine, sont fixés à l’avance par un destin inéluctable, de sorte que la volonté humaine ne peut en modifier le cours. Contrairement au déterminisme, qui explique les événements par des chaînes causales naturelles, le fatalisme invoque souvent une nécessité métaphysique, divine ou cosmique : ce qui doit arriver arrivera, quoi que nous fassions.
Au cœur du fatalisme se trouve l’idée que certaines vérités sur le futur sont déjà vraies de toute éternité, indépendamment de nos actions. Cela implique que nos choix et nos efforts sont, en un sens radical, inefficaces : que l’on agisse ou non, le résultat final sera le même, car il est déjà « écrit » par le destin, la providence ou une puissance supérieure. Cette vision tend à nier non seulement le libre arbitre, mais aussi la responsabilité morale, puisque l’individu ne fait que subir une trame d’événements qu’il ne peut infléchir.
Le fatalisme apparaît très tôt dans l’Antiquité, notamment avec les Stoïciens (IIIe siècle av. J.-C.), qui défendent un destin cosmique gouverné par le Logos, tout en cherchant à préserver une forme de sagesse et de responsabilité intérieure. On trouve aussi des formes de fatalisme dans certaines interprétations du destin en Orient, dans des lectures rigoristes de la prédestination en théologie chrétienne ou islamique, ainsi que chez certains matérialistes des Lumières qui radicalisent l’idée d’une nature toute-puissante. Leibniz distingue ainsi plusieurs types de fatalisme (stoïcien, « mahométan », chrétien), selon la manière dont la nécessité du destin est conçue.
Bien que souvent confondus, fatalisme et déterminisme diffèrent sur un point crucial : le déterminisme affirme que chaque événement a une cause et que nos actions elles-mêmes font partie de la chaîne causale qui produit le futur, tandis que le fatalisme soutient que certains événements se produiront quoi que nous fassions, rendant nos actions causalement inefficaces par rapport à eux. Dans un cadre déterministe, changer nos désirs ou nos décisions change le cours des choses ; dans un cadre fataliste, ces changements sont eux-mêmes prédéterminés et ne modifient pas l’issue finale. C’est pourquoi le fatalisme est généralement considéré comme plus radical et plus incompatible avec l’idée d’une liberté humaine authentique que le déterminisme causal.