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Émergentisme

Courants de pensée occidentaux
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emergentism a philosophy of complex things par philosophy in review

Émergentisme

1920

L’Émergentisme est un courant de pensée philosophique et scientifique qui soutient que certains systèmes complexes possèdent des propriétés ou des phénomènes nouveaux, dits « émergents », qui ne sont pas réductibles aux propriétés de leurs éléments pris isolément. Il repose sur l’idée que « le tout est plus que la somme des parties » : des interactions entre composants peuvent engendrer des niveaux d’organisation dotés de caractéristiques originales, tout en restant dépendants de leur base matérielle.biblio.

Ce courant se situe historiquement et conceptuellement entre le réductionnisme, qui cherche à tout expliquer par le niveau le plus fondamental (physique, particules), et le dualisme ou le vitalisme, qui postulent des substances ou principes séparés (âme, force vitale). Il propose un monisme antiréductionniste : il n’y a qu’une seule réalité, mais organisée en niveaux, où certains phénomènes de niveau supérieur (conscience, vie, normes sociales) ne peuvent être entièrement expliqués par les lois du niveau inférieur sans perte de sens.

On distingue généralement une émergence « faible » et une émergence « forte ». Dans l’émergence faible, les propriétés nouvelles sont difficiles à prédire en pratique, mais restent en principe compatibles avec une explication complète à partir des niveaux inférieurs ; la causalité va surtout du bas vers le haut. Dans l’émergence forte, les propriétés émergentes sont considérées comme causalement autonomes, capables d’exercer une influence « du haut vers le bas » sur les niveaux inférieurs, par exemple des états mentaux influençant des processus neuronaux, ce qui rend cette version plus controversée.

Il trouve des applications dans plusieurs domaines : en philosophie de l’esprit, où la conscience est souvent présentée comme une propriété émergente du cerveau ; en philosophie de la biologie, pour rendre compte de la vie et de l’auto-organisation des organismes ; en sciences sociales, pour expliquer les phénomènes collectifs (marchés, institutions, cultures) qui dépassent les actions individuelles ; et dans l’étude des systèmes complexes, où des comportements globaux apparaissent à partir de règles locales simples.

Il se structure comme courant explicite au début du XXᵉ siècle, notamment avec des penseurs comme C. Lloyd Morgan et Samuel Alexander, qui parlent d’« évolution émergente » pour décrire l’apparition de niveaux nouveaux dans la nature. Il s’appuie ensuite sur les développements de la physique, de la biologie, puis de l’informatique et des sciences des systèmes complexes, devenant un cadre conceptuel important pour penser la relation entre différents niveaux d’explication sans tomber ni dans un réductionnisme radical ni dans un dualisme ontologique.