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Eliminativisme

Courants de pensée occidentaux
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éliminativiste par What does that mean ?

Eliminativisme

1962

L’Éliminativisme est une position radicale en philosophie de l’esprit qui soutient que de nombreux concepts mentaux courants, comme « croyance », « désir » ou « conscience phénoménale », doivent être éliminés de notre vocabulaire scientifique plutôt que simplement réduits ou corrigés. Il considère que la psychologie populaire (la façon dont nous parlons spontanément de nos états mentaux) repose sur une théorie erronée, comparable à une ancienne théorie scientifique que l’on a fini par rejeter.

Ces concepts ne désignent pas des entités réellement existantes dans le cerveau, mais seulement des façons imparfaites de décrire des processus neurophysiologiques beaucoup plus complexes. Par exemple, ce que nous appelons une « croyance » ne serait pas une sorte d’objet mental stable, mais un ensemble de mécanismes neuronaux qui finiront par être décrits dans le langage des neurosciences plutôt que dans celui de la psychologie ordinaire.

C’est une forme de matérialisme très strict, qui affirme que tout ce qui existe appartient au monde matériel et que les sciences physiques et neurologiques fourniront un jour la seule explication véritable du comportement et de l’esprit. Il rejoint ainsi l’idée d’une « unité de la science » : la science du cerveau devrait progressivement remplacer la manière folklorique et naïve dont nous parlons de nos pensées et de nos sentiments.

Plusieurs versions existent : certains auteurs acceptent de garder une partie des concepts mentaux utiles, d’autres proposent une version « forte » qui n’admet aucune réalité à des entités comme les qualia (les expériences subjectives) ou la conscience phénoménale. Dans cette version forte, ce que nous appelons « sentiment » ou « vécu intérieur » serait une sorte d’illusion entretenue par notre langage et notre théorie commune de l’esprit.

Il pose des questions éthiques et anthropologiques importantes : si nous cessons de croire à l’existence réelle de croyances, de désirs ou de sentiments, cela change‑t‑il notre façon de parler de responsabilité, de liberté ou de valeurs morales ? Les défenseurs de cette doctrine insistent souvent sur le fait que la disparition de ces concepts ne changerait pas notre comportement quotidien, mais seulement la manière dont une science mûre de l’esprit les expliquerait.