
Le Buen Vivir (« bien vivre », sumak kawsay en quechua, suma qamaña en aymara) est une philosophie issue des cosmovisions autochtones des Andes, formulée en termes contemporains à partir des années 1990 par des intellectuels et mouvements indigènes d’Équateur et de Bolivie.
Contrairement à l’idéal occidental de développement fondé sur la croissance et l’accumulation individuelle, le Buen Vivir propose une vision relationnelle de l’existence : l’être humain n’est pas séparé de la nature (Pachamama, la Terre-Mère) mais fait partie d’un tout vivant avec lequel il doit maintenir l’harmonie.
Cette philosophie a été intégrée dans les constitutions de l’Équateur (2008) et de la Bolivie (2009), qui reconnaissent des droits à la nature elle-même — une innovation juridique et philosophique majeure remettant en cause l’anthropocentrisme du droit occidental classique.
Le Buen Vivir s’inscrit aujourd’hui dans les débats mondiaux sur la décroissance et l’écologie politique, offrant une alternative philosophique aux modèles de développement extractivistes tout en étant lui-même traversé par des tensions entre idéal traditionnel et usage politique contemporain.