
Le Bouddhisme Mahayana (« Grand Véhicule ») est apparu en Inde au tournant de l'ère chrétienne, s'étendant progressivement vers la Chine, le Japon, la Corée et le Vietnam. Par rapport au Theravada, il représente une transformation profonde de la vision bouddhiste : l'éveil n'est plus un idéal solitaire mais une aspiration collective.
L'idéal central du Mahayana est le bodhisattva : l'être qui, sur le point d'atteindre le Nirvana, choisit de demeurer dans le cycle des renaissances (samsara) pour guider et libérer tous les êtres sensibles. Cette compassion universelle (karuna) devient le moteur de la voie spirituelle, indissociable de la sagesse (prajna).
Le Mahayana introduit également la notion révolutionnaire de sunyata (vacuité) : toutes choses sont dénues d'existence propre et intrinsèque — elles n'existent que de façon interdependante. Nagarjuna, au IIe siècle, en développa la philosophie dans ses Stances du Milieu, fondant l'école Madhyamaka qui influencça toute la pensée bouddhiste ultérieure.
C'est sur le sol du Mahayana que fleuriront le bouddhisme Zen, le bouddhisme tibétain Vajrayana, et l'École de la Terre Pure. Avec ses sutras nouveaux (Lotus, Vimalakirti, Prajnaparamita), le Mahayana offre une vision du monde d'une richesse philosophique et spirituelle sans équivalent.