
L'accélérationnisme est une théorie philosophique et politique qui prône l'accélération des dynamiques internes d'un système – souvent le capitalisme – pour précipiter son effondrement ou sa transformation radicale. Né dans les années 1990 au Royaume-Uni, notamment via la Cybernetic Culture Research Unit (CCRU) et des penseurs comme Nick Land, il s'inspire de Marx, Nietzsche et Deleuze pour analyser comment la vitesse technologique et économique peut dépasser les limites du présent. Cette idée divise le courant en variantes contradictoires : de gauche ou de droite.
Son histoire remonte à des racines marxistes, où accélérer les contradictions du capitalisme mènerait à une société post-capitaliste égalitaire, comme théorisé dans le Manifeste accélérationniste de 2013 par Nick Srnicek et Alex Williams. À droite, des figures comme Land voient dans l'essor de l'IA et du techno-capitalisme une force déshumanisante inéluctable, célébrant le chaos pour un futur post-humain. Des précurseurs comme les situationnistes ou Roger Caillois ont posé les bases d'une accélération par le sabotage social ou culturel.
Les principes clés reposent sur l'idée que freiner le système est vain ; il faut au contraire intensifier ses excès – innovation technologique, marchés débridés, crises sociales – pour forcer un basculement. L'accélérationnisme de gauche réapproprie la tech pour l'émancipation, tandis que la variante d'extrême droite, souvent liée à l'écofascisme ou au néonazisme, cherche à hâter des conflits raciaux ou sociétaux vers un nouvel ordre. Une forme récente, l'"accélérationnisme efficace" (e/acc), mouvement techno-optimiste émergent dans la Silicon Valley et contrairement à l'altruisme efficace qui priorise l'éthique ou à la décroissance, il embrasse pleinement le capitalisme, la consommation d'énergie et l'innovation rapide, considérant les risques de l'IA générale (IAG) comme négligeables face à ses bénéfices transformateurs. Ce courant vise à faire grimper la civilisation humaine sur l'échelle de Kardashev en exploitant l'IA sans restrictions.
Les principes centraux incluent le progrès rapide de l'IA comme clé pour l'efficacité sociétale, une confiance absolue dans le marché pour allouer ressources, et une vision où la singularité – fusion homme-machine – maximise la capacité de la conscience à s'épanouir dans l'univers. e/acc rejette les régulations vues comme freins, arguant que la technologie auto-corrige ses dangers. Il se distingue des accélérationnismes de gauche (émancipateurs) ou d'extrême droite (nihilistes) par son optimisme libéral.
Aujourd'hui, e/acc influence les débats IA en 2026, avec des adeptes dans les labs tech plaidant pour une "explosion d'intelligence" galactique. Critiqué comme sectaire ou risqué par ses détracteurs, il incarne un pari fou : accélérer vers l'abondance infinie plutôt que ralentir vers l'extinction. Son mantra : plus vite, plus fort, vers les étoiles.